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La Petite Fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel

Il existe un roman de Paulo Coelho qui s'intitule "Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré". Sur le bord du terminal sud de l'éaroport d'Orly, Providence s'assit sur sa Samsonite rose et pleura.
Elle pleura plus encore lorsqu'elle s'aperçut qu'en guise de sac à main, elle portait au bras un sac en plastique de Carrefour rempli de détritus. Il semblait lui crier que l'on de sort pas indemne d'un réveil à 04h45 du matin. La préposée se leva aussi vite qu'un diablotin sort de sa boîte, une grimace de dégoût accrochée au visage, et s'en débarrassa, comme s'il s'agissait d'une bombe, dans la première poubelle transparente modèle Vigipirate qui passait par là. Comment avait-elle pu arriver jusqu'ici avec "ça" sans s'en rendre compte?

Romain Puértolas, p.28

Auteur: Romain Puértolas
Editeur: Le Livre de Poche
Année: 2016 (première édition: 2015)
ISBN: 978-2-253-09867-6
283 pages
7,10€

Conte Contemporain

Quatrième de couverture:
Alors que la jeune et jolie factrice parisienne Providence Dupois s'apprête à partir en Afrique chercher ce qu'elle a de plus précieux au monde, un volcan islandais se réveille, paralysant l'ensemble du trafic aérien européen.
D'aéroports en monastères, commence alors pour elle le plus haletant et le plus prodigieux des voyages.

Mon avis:
Je n'avais pas entendu parler de ce livre, ni de son auteur, lorsque la couverture m'a fait de l'oeil en librairie. Le titre à rallonge, poétique et farfelu, m'a vraiment intriguée. La quatrième de couverture a fini par me convaincre de l'acheter.

Etrangement, j'avais certaines attentes sur ce livre. Je m'attendais à être emportée dans un univers onirique et fantaisiste, je m'attendais à une écriture qui me transporterait au coeur même de l'imaginaire. Et il y a un peu de ça. Cela pourrait être tout à fait ça. Pour cela, il faudrait enlever certaines phrases inutiles qui gâchent le plaisir (à chaque référence culturelle, il faut expliquer d'où ça vient, et pourquoi, ce qui donne l'impression que l'auteur étale sa culture comme de la confiture) et il faudrait retirer certains passages sans intérêt qui alourdissent la narration.

De plus, certaines remarques sonnent mal. Probablement mal formulées: [spoiler] Avant chaque voyage, qu'elle entreprenait en général seule, son entourage avait la fâcheuse habitude de la mettre en garde contre ces "voleurs de femmes" qui sévissaient impunément dans tous les pays barbares et sauvages où Providence avait l'inconscience de se rendre. En Thaïlande et en Arabie, c'étaient les cabines d'essayage des grands magasins qu'il fallait éviter, parce qu'on vous y attendait pour vous endormir avant de vous enfermer dans une caisse et d'augmenter les statistiques des réseaux de traite des Blanches. [spoiler] Ainsi, le narrateur semble avoir des propos plus ou moins racistes qui me dérangent. On comprend par la suite que ce n'est pas le cas, qu'il qualifie de sauvages non les habitants d'un pays mais plutôt ceux qui cautionnent les actes barbares qui ne sont pas punis par la loi dans ces pays. Cependant, c'est à plusieurs reprises que j'ai senti cette gène et ce malaise, et c'est vraiment regrettable.

Heureusement, j'ai trouvé l'histoire intéressante et bien construite. Le premier chapitre est surprenant, très bien écrit. La relation entre la petite fille et l'héroïne est touchante, voire émouvante. Et la fin... je n'en dis rien (car c'est à vous de la lire), mais elle vaut le détour, et elle a fait remonter ce livre dans mon estime!

En conclusion, cette lecture a été surprenante, plaisante bien que par moments, j'ai été tentée d'abandonner la lecture. Mais cela vaut le coup de lire le livre jusqu'au bout pour l'apprécier à sa juste valeur.

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